Archives de Catégorie: Médiathèque

Emprunter une liseuse numérique dans les médiathèques!

test liseuse AFFICHE © Département Seine-Saint-Denis

Le mieux c’est de l’essayer dans les départements de Seine-Saint-Denis et Midi-Pyrénées.

> Du 6 mars au 3 novembre 2012 : c’est une initiative du département de la Seine-Saint-Denis et du MOTIf (Observatoire du Livre et de l’Écrit en Île-de-France). Et c’est dans les médiathèques d’Aulnay-sous-Bois, Bagnolet, Noisy-le-Grand, Rosny-sous-Bois. Voici donc les 4 lieux pour découvrir une lecture autrement.

Les usagers y trouverons : nouveautés littéraires, romans français et étrangers, polars, fantasy, guides pratiques, prix littéraires, grands classiques, mangas, BD, pour petits et grands!

Les bibliothécaires, pour qui ces supports représentent également de nouvelles compétences à acquérir et du temps à consacrer à l’information des lecteurs, seront amenés à organiser démos et animations autour de ce prêt expérimental.

Pourquoi ne pas en faire autant dans toutes les BM? Attirer l’attention de tous les lecteurs par les écrans nouvelle technologie à encre numérique est un projet qui s’inscrit ici dans le cadre d’une étude sur les nouvelles pratiques de lecture.

> Du 2 juin et jusqu’au 2 juin 2013, le Centre Régional des Lettres Midi-Pyrénées va organiser une vaste expérimentation de prêts de lecteurs ebook et de tablettes dans les bibliothèques de la région.

Le mieux, c’est d’essayer pour se faire une idée!

Plus d’info : sur le site du département de Seine-saint-Denis et le site ActuaLitté

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Bibliothèque troisième lieu : quelles caractéristiques ?

Ray Oldenburg a établi une typologie présentant les caractéristiques du troisième lieu dans son livre The Great, Good Place

1- Un espace neutre et vivant : propice à un échange informe entre tous les membres de la communauté. Ces espaces agissent comme niveleur social où les individus se positionnent sur un même pied d’égalité.

2- Un lieu d’habitués : le troisième lieu agit comme un facilitateur social et permet de rompre la solitude ou de contrer l’ennui. Le troisième lieu offre un cadre confortable et douillet dans lequel les individus ont envie de séjourner.

3- Comme à la maison : véritable home away from home. Cinq éléments confortent le troisième lieu dans sa parenté avec le foyer : ancrage physique, sentiment d’appartenance, régénération du lien social, être soi-même et chaleur humaine.

4- L’œcuménisme social : l’individu en retire de multiples bénéfices personnels. Le troisième lieu est agrégateur de populations variées, il décuple les possibles de rencontres et génère une forme d’œcuménisme social.

5- Un cadre propice au débat : le troisième lieu revêt une fonction politique. Il encourage l’épanouissement de l’esprit démocratique en offrant un cadre propice à l’échange aux débats publics.

Oldenburg ne répertorie pas la bibliothèque au nombre des troisièmes lieux dans ses ouvrages. Un autre sociologue, Robert Putnam n’hésite pas à le faire en prenant l’exemple d’une des bibliothèques de Chicago. Il y voit un troisième lieu, un espace vibrant d’activités, un agent de changements.

Caractéristiques de la bibliothèque troisième lieu :

 1- Un ancrage physique fort : la bibliothèque troisième lieu engage un réel pari physique. Afin d’attirer en leurs murs des publics habituellement peu réceptifs, elle procède à une redéfinition de leur sémantique architecturale. Dans les ideastores londoniens ou les bibliothèques hollandaises, la palette de couleurs retenues, le confort, le design, voire l’excentricité, tranchent avec l’image austère parfois véhiculée par leurs aînées. De nombreux dispositifs introduisent de l’intime dans la bibliothèque et gomment les frontières entre sphère publique et privée. L’agencement des espaces prend davantage en compte la diversité des pratiques. Il se dégage de ces nouveaux établissements une ambiance stimulante et excitante.

2- Une vocation sociale affirmée : la bibliothèque troisième lieu propose à ses usagers des formes de vivre ensemble multiples, un cadre convivial propice au bien-être. Le confort physique et humain incite au prolongement du séjour et y introduit de nouveaux usages sociaux : parler, téléphoner, boire ou manger. Les cafés, de plus en plus présents, constituent des moteurs privilégiés de cette sociabilité. Pivots de la vie de la collectivité, ces établissements remplissent une mission citoyenne. Ils offrent des services à la personne (alphabétisation, formation, aide à la recherche pour l’emploi …) et entretiennent des partenariats privilégiés avec les associations, les écoles ou la presse locale.

3- La bibliothèque troisième lieu refuse d’être un lieu de prescription du savoir. Elle célèbre les dissonances culturelles, le voisinage de contenus, la diversité des supports culturels. Elle propose à l’usager une offre riche et variée sans hiérarchisation marquée.

4- Les goûts et les pratiques des usagers ont d’ailleurs une incidence directe sur la déclinaison des collections et des services proposés. L’usager se fait souvent co-créateur, producteur de contenus. Les pratiques collaboratives du Web 2.0 sont importées en bibliothèque : open podiums dédiés aux créations littéraires ou musicales (projet demotek en Europe du Nord). A Heerhugowaard, aux Pays-Bas, deux classes d’école primaires ont collaboré avec les architectes à la conception du bâtiment.

Bertrand Calenge, directeur des études de l’enssib : « La bibliothèque n’est plus un espace de stockage, mais un espace d’usages, un gisement ouvert rendu intelligent et actif par les bibliothécaires et avec le public ».

Mathilde Servet, chef de projet numérisation à la Bibliothèque nationale de France : « Il importe de s’inscrire en rupture avec un univers de la bibliothèque, ressenti comme parfois trop institutionnel, trop formel ou trop austère, et d’évoquer un espace résolument positif, associé à l’amusement, au plaisir… »

Patrick Bazin (directeur de la Bibliothèque publique d’information Centre Pompidou) va encore plus loin et parle de la bibliothèque hyper – lieu, dans son article du 19 mai dernier présenté dans livreshebdo.fr : « L’offre de contenus doit se construire à l’interface d’un savoir constitué, dont le bibliothécaire hérite par de multiples canaux institutionnels, et des horizons d’attente de divers usagers. Mieux, elle suggère que les formes de la médiation (l’environnement, l’accueil, l’accompagnement) font partie du contenu … »

Si vous souhaitez approfondir : 

Concevoir et construire une bibliothèque [Texte imprimé] : du projet à la réalisation / Ministère de la culture et de la communication, Direction générale des médias et des industries culturelles, Service du livre et de la lecture ; sous la direction de Laure Collignon et Colette Gravier ; préface de Nicolas Georges,…
Paris : Éd. « Le Moniteur », DL 2011

Bibliothèques d’aujourd’hui [Multimédia multisupport] : à la conquête de nouveaux espaces / sous la direction de Marie-Françoise Bisbrouck ; préface de Daniel Renoult. – Paris : Éd. du Cercle de la librairie, DL 2010
Accueillir, orienter, informer [Texte imprimé] : l’organisation des services aux publics dans les bibliothèques / par Bertrand Calenge.- 2e éd. rev. et mise à jour
Paris : Éd. du Cercle de la librairie, 1999


Bibliothèque de proximité comme lieu de vie

La bibliothèque Louise Michel a ouvert ses portes le 31 mars 2011 dans le 20e à Paris

Juste pour vous faire partager mon enthousiasme sur la médiathèque Louise Michel suivant le principe du troisième lieu qui je pense est sans doute déjà l’endroit  incontournable de la vie des quartiers Réunion et la Plaine dans le 20e.

à Paris 20e

Bibliothèque Louise Michel © Antoine Dumont

La bibliothèque a ouvert ses portes sur 550 m² dédiés au public. Elle se caractérise par un décloisonnement total de ses espaces intérieurs. Conçue comme un lieu de vie, elle s’adresse à tous les publics et se divise en différents espaces :

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Troisième lieu : un nouvel enjeu pour les bibliothèques?

La bibliothèque troisième lieu est toujours liée par un projet architectural contemporain qui réfléchit sur l’espace commun et le partage de la culture.

Concept encore peu répandu en France, la bibliothèque troisième lieu incarne un modèle phare en angleterre, dans les pays nordiques et aux États-Unis, où l’appellation « third place library » fleurit sur la biblioblogosphère et dans la littérature bibliothéconomie.

Photo © OBA – Openbare Biliotheek Amsterdam

Elle se matérialise en Europe, notamment au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et en Europe du Nord, où la filiation directe à ce modèle est parfois ouvertement revendiquée, à l’exemple du « Fil rouge », bibliothèque centrale de la ville de Hjoerring, au Danemark, présentée au dernier congrès de l’Ifla (International Federation of Library Associations and Institutions). Ou encore l’OBA d’Amsterdam qui est un lieu qui invite à rester : l’OBA aujourd’hui, c’est 170 000 adhérents ; soit 25% de la population d’Amsterdam. Et même si les adhésions et les prêts stagnent, le nombre de visiteurs à doublé depuis l’ouverture. Les financements de la bibliothèque sont à 85% public, et à 15% d’auto financement (adhésion, location de salles…).

C’est sur ce modèle de bibliothèque troisième lieu que s’organisent de nouveaux établissements conçus comme des lieux de vie, des centres culturels communautaires qui fédèrent leurs usagers autour de projets culturels et sociaux. Ils proposent une offre élargie et des services novateurs. Ils n’hésitent pas à recourir à des techniques issues du marketing et s’inscrivent dans la compétition de l’univers marchand. Peut-on encore parler de bibliothèques ? Quels sont les fondements théoriques et les apports de ce modèle ? En quoi peu-t-ils constituer une voie pour l’avenir? (Autant de questions posées par Mathilde Servet dans son mémoire Bibliothèque troisième lieu et qui restent d’actualité.

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Emprunter des vinyles : faire du neuf avec de l’ancien

Retour du vinyle dans les bacs de médiathèques.

Disquaires, DJ, passionnés, allez donc emprunter des vinyles. Ils ne doivent pas seulement rentrer au musée!

A la Bibliothèque Municipale de Lille, on peut emprunter des vinyles! C’est à la médiathèque du Faubourg de Béthune, mais aussi à l’espace musique de Jean Lévy. C’est possible! Les vinyles ne sont pas uniquement des objets de collections qui traversent le temps depuis qu’il a fait ses premiers pas en 1946 au USA. Ils sont toujours présents dans les bacs des disquaires et maintenant à la BM de Lille! Elle n’est pas la seule à le faire, la BM de Rennes ressort ses vinyles et investit dans les nouvelle sorties d’album.

Photo © Bibliothèque de Lille – médiathèque du Faubourg de Béthune

Voilà une idée novatrice! Attirer les audiophiles dans les bibliothèques en leur permettant d’emprunter des vinyles. Il faut revaloriser les  bibliothèques non seulement par la lecture mais aussi par la musique et encourager le public à venir. Aujourd’hui la passion des vinyles n’est pas réservée exclusivement aux « anciens ».  Objet devenu culte ou mode pour certains, obsolète pour d’autres, néanmoins, le vinyle s’inscrit aujourd’hui dans les différents modes d’écoute de la musique. En témoignent le nombre important de fabricants et de modèles de platines disponibles actuellement sur le marché. Les passionnés de musique cherchent toujours à avoir l’album en format vinyle inégalable. Et les groupes continuent à le plébisciter. On trouve des groupes comme Au Revoir Simone, Stereolab, DJ Shadow, The Blak Keys, Dionysos, Dominique A, mais aussi Madonna et des rééditions des Pink Floyd, etc.

Ce concept de médiathèque s’est généralisé au cours des années 80 aussi bien dans le domaine architectural, politique que bibliothéconomie. Ainsi, les bibliothèques se sont trouvées associées au domaine culturel et plus seulement éducatif. Le livre est désormais intégré au secteur culturel.